Issy, le lycée Ionesco doit rester polyvalent !

Electronic circuit board with processor

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le souligner sur ce blog : je souhaite, ainsi que les membres du groupe d’opposition « Issy c’est possible », que la filière professionnelle SEM soit maintenue sur le Lycée Ionesco d’Issy-les-Moulineaux. Ainsi cette préoccupation a été rappelée dans le cadre de l’article publié dans le journal municipal point d’appui de Mars 2016.

« Depuis plusieurs mois, nous travaillons aux côtés des syndicats de professeurs, des associations de parents d’élèves et des représentants des lycéens pour préserver la filière professionnelle d’électro numérique, au sein du lycée Ionesco d’Issy.

Par une décision conjointe du rectorat et de la Région Ile-de-France, il est envisagé de déménager les élèves de cette filière à Meudon-la-Forêt, sur le plateau de Vélizy, au motif du manque de salle de classe. Des solutions existent !

Pour le confort des élèves, notamment ceux qui viennent d’entrer en seconde, le temps de transports supplémentaire et la complexité pour rejoindre le site seront clairement un handicap.

Nous avons écrit au recteur, proposé un amendement au plan local d’urbanisme pour accueillir une extension du lycée, nous avons été reçus avec une délégation par le Cabinet de la Ministre de l’Éducation nationale. La ville d’Issy a fait des propositions pour élargir l’offre de salles le temps de passer l’année scolaire 2016-2017.

Pour le moment, rien ne bouge. Ce déménagement va mettre en péril la mixité scolaire, ainsi que le caractère polyvalent de ce lycée.

Il va également coûter très cher : près de 3 millions ¤ de travaux pour rénover les locaux, à Meudon-la- Forêt, qui ne seront même pas prêts en septembre ! L’argent public pourrait être mieux utilisé aujourd’hui !

L’équipe enseignante qui aujourd’hui travaille en cohérence risque d’être dispersée.

Cette filière du numérique a enfin un lien essentiel avec notre territoire. Les lycéens font leurs stages auprès des groupes de médias télévisuels ou les grandes entreprises implantées dans notre ville. Le départ de cette formation brisera un lien entre le bassin d’emploi et l’offre de formation locale.

Groupe « Issy c’est possible » : Thomas Puijalon,  Kathy Similowski,  Vivien Julhès,  Patrick Auffret (PS) et Fabienne Gambiez (UDE- Front Démocrate) »

 

Issy, budget primitif 2016 en trompe-l’œil

Budget concept image with business icons and copyspace.

Le budget primitif 2016 a été soumis au vote, lors du dernier conseil municipal du 11 Février 2016. Je ne l’ai pas voté, j’ai choisi de m’abstenir principalement pour les raisons suivantes.

Dans le budget primitif qui a été présenté pour 2016, la municipalité a choisi de maintenir son absence de recours à l’emprunt. Ainsi la ville va payer « cash » la deuxième piscine située au Fort, il faut préciser que celle-ci va tout de même peser sur le budget d’investissement à la hauteur de 26 M€ (dont 6 M€ de plus qu’initialement prévu).

Je déplore le choix de payer comptant ce type d’investissement lourd. Cette pratique aura pour conséquence de limiter mécaniquement la capacité globale de la ville à investir dans d’autres équipements publics, qui seront pourtant nécessaires pour accompagner la poursuite de la densification mise en place sur la ville et  la croissance de la population.

La municipalité actuelle continue de s’installer dans une posture dogmatique de refus de financer ses investissements par l’emprunt. Or, pour une ville de la taille d’Issy-les-Moulineaux, ceci est d’autant plus surprenant que les taux d’emprunts sont aujourd’hui au plus bas, et que les annuités seraient minorées par l’inflation.

Pour preuve, la capacité de désendettement de la ville est désormais de deux mois, alors que le chiffre de bonne gestion reconnu par les spécialistes des finances locales se situe entre 5 et 7 ans **. C’est donc un levier d’investissement ignoré délibérément par la municipalité en place.

De plus, avoir recours à l’emprunt permettrait d’étaler les dépenses d’investissement sur 15 ans sans fragiliser les finances de la ville et ceci éviterait aux habitants de payer cash des équipements lourds qu’ils n’utiliseront que peu de temps (en effet, le renouvellement de la population d’Issy-les-Moulineaux est élevé : moins de 40% des isséens résident sur la ville depuis plus de 10 ans).

Dans un document de communication récent, le Maire parle d’une « gestion millimétrée de la ville ». La formule est discutable car derrière les investissements, il y a toujours des choix politiques, comme celui par exemple de construire une deuxième piscine au Fort (plutôt que d’agrandir Alfred Sevestre), ce qui va accroitre les dépenses de fonctionnement. Je constate d’ailleurs que pour la première fois depuis 5 ans, les dépenses réelles de fonctionnement prévues dans le budget primitif 2016 dépassent les recettes réelles de fonctionnement de plus de 19 M€. A ce rythme, les excédents vont  disparaître en quelques années : le modèle financier de la ville doit donc être repensé.

Globalement dans ce budget primitif 2016,  je regrette aussi que compte tenu des moyens de notre commune, il ait été choisi de baisser les subventions aux associations  de -2,6 %, ainsi que et le budget du CCAS* de -2,2%. Et j’estime que dans le contexte global, la dynamique que pourra créer la Métropole du Grand Paris n’a pas été présentée de manière objective.

Enfin il est dommage que sur Issy-les-Moulineaux, les citoyens ne soient pas associés aux projets, aux investissements de la ville comme c’est le cas par exemple à Paris où le système de budget participatif a été mis en place. Il s’agirait d’une réelle avancée qui permettrait d’associer pleinement le citoyen à l’évolution de la ville, et d’ainsi mieux cerner les aspirations des isséens.

 * : Centre Communal d’Action Sociale

** : Le seuil d’alerte se situe au delà de 12 ans

Issy, retour sur le conseil municipal du 11 février 2016

ILE DE FRANCEEn terme d’ampleur d’ordre du jour les conseils municipaux se suivent mais ne se ressemblent pas.

Alors qu’au conseil de décembre 2015, 65 délibérations étaient à l’ordre du jour, c’est seulement 20 délibérations qui étaient mise en discussion  durant ce premier conseil de 2016. Je l’ai déjà indiqué à plusieurs reprises, je souhaiterais que les conseils municipaux soient tenus avec une fréquence plus régulière. Jusqu’alors la ville d’Issy-les-Moulineaux n’organise que 5 conseils dans l’année (minimum légal), c’est regrettable car ce n’est pas suffisant pour équilibrer les ordres du jour, coller à l’actualité de la ville et permettre un vrai débat démocratique tout au long de l’année.

Parmi les 20 délibérations soumises au vote, j’ai retenu les points suivants.

En ce début d’année, le budget primitif de la ville a été présenté lors de cette séance. Compte tenu de l’importance du sujet, je reviendrai spécifiquement sur ce dossier dans un prochain article.

Les montants des subventions accordées aux différentes associations actives sur la ville ont été soumises au vote, lors de ce conseil de janvier. J’ai bien entendu voté pour ces subventions municipales, qui permettent aux associations à vocation sportives, culturelles, sociales… de fonctionner dans de bonnes conditions. En effet sur une ville comme Issy-les-Moulineaux, les associations remplissent un rôle déterminant d’animation, de maintien du lien social, de dynamisation de la vie locale … c’est pourquoi une collectivité doit les accompagner. Pourtant je regrette que cette année, le montant global alloué aux associations soient tendanciellement en baisse de 3%.

En lien avec l’actualité qui touche notre département des Hauts-de Seine, le Groupe « Issy c’est possible » (PS et UDE) a présenté un vœu pour rappeler son attachement à la métropole du Grand Paris et aussi son inquiétude face au projet de fusion du département des Hauts-de-Seine avec celui des Yvelines. Plutôt que répondre directement à notre vœu et exposer la position de la ville sur cette fusion, le Maire a passé la parole à une adjointe Conseillère Départementale, qui a récité le discours déjà tenu par Patrick Devedjian sur cette thématique. A aucun moment, l’intérêt de la ville d’Issy-les-Moulineaux n’a été replacé dans le contexte du projet. La majorité n’a pas voté ce vœu, elle s’est clairement placée dans une posture politicienne et stérile, sans traiter des intérêts et des attaches socio-économiques, géographiques, historiques de la ville qui la rapproche naturellement de Paris et de la Métropole du Grand Paris. En fait par cette fusion, les maires des Hauts de Seine semblent surtout intéressés par les réserves foncières des Yvelines.

Dans le cadre des questions diverses, nous avons interrogé la majorité municipale pour mieux cerner son engagement pour le maintien de la filière professionnelle SEN au lycée Ionesco. Il lui a été clairement demandé de confirmer son souhait de conserver cette section SEN à Issy. L’adjoint en charge de l’éducation a rappelé les différents courriers adressés par le maire, au rectorat et aux présidents du Conseil Régional. Mais in fine il est resté très ambigu, parlant du souhait d’agrandissement du lycée, mais pas spécifiquement du souhait de maintenir la filière d’excellence SEN à Ionesco. Je regrette le manque de clarté de la ville sur ce dossier.

Enfin, de nombreux isséens sont préoccupés par le futur aménagement de la ZAC Cœur de ville (en place de l’ancien CNET). Ainsi j’ai demandé à l’adjoint en charge de l’urbanisme de préciser le timing détaillé du projet, notamment à propos du déménagement d’Orange Lab et de la construction des différents équipements publics. Concernant le départ du centre de recherche d’Orange Lab, il s’effectuera de février à avril 2016. Les travaux de démolitions interviendront de juin à octobre 2016. Il a indiqué que pour le moment aucun permis de construire n’avait été délivré, et que globalement les travaux d’aménagement sont prévus jusqu’en 2020. C’est un dossier que je continuerai à suivre avec attention.

Issy, parlons de la capacité d’autofinancement de la ville

Sphre financementDans un article récent, le maire d’Issy-les-Moulineaux s’est félicité de la quasi absence d’endettement de la ville. Si cette information peut apparaître à première vue comme positive, elle est pourtant à manier avec prudence, car l’indicateur utilisé : « l’endettement/habitant en € » n’est sans doute pas le plus pertinent pour garantir de la bonne santé financière d’une collectivité et doit être replacé dans un contexte plus global.

Plus concrètement d’où provient donc l’endettement d’une commune ? Celui-ci a principalement  pour origine la construction et la rénovation des équipements publics municipaux, c’est-à-dire, des écoles, des gymnases, des crèches…, bref des équipements qui contribuent au vivre-ensemble et à la cohésion d’une cité.

Pour financer les équipements publics municipaux, deux solutions sont possibles : soit la collectivité bénéficie de beaucoup de ressources (comme à  Issy-les-Moulineaux), elle peut donc payer sans emprunt conséquent les équipements, soit la collectivité est obligée d’emprunter la somme correspondante auprès des banques comme le font aussi les entreprises ou les ménages lors d’un achat conséquent. Dans ce dernier cas de figure, la collectivité va créer de l’endettement (majoré des intérêts financiers), qu’elle pourra rembourser de manière échelonnée dans le temps*.

La capacité d’une collectivité à payer les équipements publics « sans emprunt » se mesure à ce qu’on appelle en jargon technico administratif : sa « capacité d’autofinancement ». En fait, il s’agit de la différence entre les dépenses et les recettes de fonctionnement de la commune : comme dans un ménage, c’est en fait la capacité à épargner. Or sur Issy les Moulineaux, on constate que notre capacité d’autofinancement s’étiole d’année en année.

AUTOFINANCEMENT ISSY

En effet, ce graphique montre clairement que le modèle économique mis est place ces dernières années (aucun recours à l’emprunt) est à court ou moyen terme condamné. La capacité d’auto-financement étant en baisse régulière depuis 2011, comment Issy-les-Moulineaux pourrait-elle  par exemple financer sur ses seuls fonds propres, des programmes tels que la construction du futur Parc municipal des sports pour un montant annoncé de 60 Millions d’€ ?  Le recours à l’emprunt sera nécessaire, alors pourquoi ne pas le dire clairement à nos concitoyens ?

D’autre part, pourquoi ne pas expliquer qu’en dépit de l’évolution des lois de finances (qui toutes majorités confondues sont assez défavorables aux collectivités**), des solutions existent à conditions de ne pas aborder ces questions de manière complètement dogmatique !

Pour une ville comme Issy-les-Moulineaux, disposer de nouveaux équipements publics est indispensable, ne serait-ce que pour répondre aux besoins de rénovations et à la poursuite de l’accroissement de la population. Dans ces conditions, comment répondre aux futurs besoins de la population en matière d’équipements publics ?  En premier lieu, il faut penser à un vrai maillage territorial en matière d’équipements publics. Dans des zones urbaines telles que les nôtres sur le 92, il est possible d’éviter les doublons d’équipements et de faire, ainsi les économies. Nos concitoyens ont besoin que les politiques leur tiennent un discours sincère. J’espère que la mise en place de la Métropole du Grand Paris permettra ce vrai maillage nécessaire. Elle représente une vraie opportunité, il est temps de mettre fin aux arguments fallacieux et dogmatiques. En matière d’équipements publics les édiles doivent apprendre à travailler ensemble et retrouver l’intérêt général et celui des territoires.

 

 

 

* : Il est à noter que les taux d’emprunts pour les collectivités sont actuellement au plus bas

 **: l’Etat pour résoudre ses problèmes de déficit se désengage financièrement et aide moins : Communes, Départements, Régions …