Pont d’Issy la tour IMEFA 52 : Modèle de construction à écarter

Une enquête publique se déroule actuellement et jusqu’au 26 octobre inclus. Elle concerne le projet de construction de tours au Pont d’Issy et plus particulièrement la 1ère des tours prévues sur cette zone. Voici la contribution que j’ai déposée sur le cahier d’enquête. Vous aussi apportez votre contribution, chacun doit s’engager et participer à l’avenir de sa ville.

 « Tout d’abord je m’étonne que l’ensemble du projet de ZAC du pont d’Issy soit scindé en plusieurs parties. A mon sens chacun des projets de tour ne peut être étudié individuellement. Les conséquences de ces édifications sont intimement liées les unes aux autres et doivent être étudiées conjointement.

 Je m’intéresserai aussi à la volonté de la construction d’une tour ?

Qu’il s’agisse du SRIF, du CDT, du PLH …, la ville d’Issy-les-Moulineaux s’est engagée à plusieurs reprises à concentrer sa politique d’urbanisme sur plus de densification. Or une tour ne représente aucun intérêt en termes de densification, puisque près d’1/3 de la surface de la tour sera nécessaire pour la maintenance de la tour, la  sécurité … : autant de surface « non efficaces ».

On sait d’autre part que ce  type de projet de tour est aussi contraire aux préoccupations actuelles d’économies d’énergie. Des spécialistes tel qu’Olivier Sidler, Directeur du bureau d’étude Enertech, rappelle  dans le numéro du 4 novembre 2010 du Moniteur, que sur les tours construites actuellement, la consommation d’énergie primaire est encore de 500 kWhep/m²/an, alors que la barre fixée par le Grenelle II de l’environnement est de 50 kWhep/m²/an.

Nous sommes donc très loin du concept de tour « écologique » présenté par la municipalité. 

Et cette tour sera essentiellement dédiée aux bureaux. D’où là aussi mon étonnement, car on sait que le nombre de bureaux inoccupés est aujourd’hui de 3,8 millions de m² en Ile  de France (Metronews – 7 oct 13). Alors pourquoi ce choix de construire des bureaux, alors que le manque de logements est criant ?

Plus particulièrement sur ce quartier de Val de Seine déjà extrêmement tourné vers le secteur tertiaire, le fait d’ajouter des bureaux supplémentaires va accentuer le phénomène de  manque d’activité le soir et le week-end.

 L’implantation de 58 000 m² de bureaux est aussi préoccupante sur le plan de la mobilité. Le nombre de parking est relativement limité sur ce projet pour inciter les occupants des bureaux à prendre les transports en commun. Mais comment  le T2, le RER C vont-ils pouvoir absorber les nouveaux flux de populations générés par le projet ? Sachant que dans le même temps quatre autres projets d’envergure vont aussi entrainer de nouveaux flux de circulation : “Pentagone à Balard”, “Tour Triangle à la Porte de Versailles” « le projet de la ZAC Guynemer » et les “Projets de l’Ile Seguin” ?  

 La construction de tours au niveau de la trouée d’envol de l’héliport de Paris, va entrainer la nécessité de modifier la trajectoire des hélicoptères et va amener  ces mêmes engins à passer au-dessus de notre ville. C’est l’option qui a été retenue par la majorité municipale qui porte ce projet. Mais cela n’est pas sans risques  en matière de sécurité publique, et de santé publique. Je me réfère à deux études récentes.  L’étude épidémiologique anglaise menée par des chercheurs de l’Imperial College de Londres http://www.bmj.com/content/347/bmj.f5432  et confirmée par une autre étude de l’université d’Harvard http://www.bmj.com/content/347/bmj.f5561 qui indiquent qu’une forte exposition au bruit accroit le nombre d’AVC et d’infarctus.  Elle augmente aussi le stress et les troubles du sommeil. Compte-tenu de ces données je m’oppose à la modification des trajectoires de vol des hélicoptères et à leur passage au-dessus d’Issy-les-Moulineaux. 

Dans l’ensemble, et en l’état actuel il ne s’agit d’un bon projet pour la ville. L’implantation de tours va complètement déstabiliser l’équilibre architectural de la zone et l’intégration du quartier au reste de la ville.

Comment ne pas être inquiet par la préservation des halles Eiffel, qui sont des bâtiments remarquables et font pleinement partie du patrimoine de notre ville.  Nous devons veiller à la préservation de notre patrimoine architectural, construire une tour au pied de ces halles est une aberration. Je m’oppose aussi au fait qu’elles soient déplacées.

Elles doivent rester en l’état et être correctement valorisées sur notre territoire.

Cette proposition me semble aussi problématique car elle n’intègre pas véritablement de dimension humaine.

Le citoyen est trop absent de l’ensemble du projet. Dans la présentation des enjeux et objectifs, où est-il fait référence aux isséens, à leur qualité de vie, à leur bien être dans la ville ? Ce thème devrait être prioritaire, ce n’est pas le cas.

 Enfin sur cette zone, c’est pour moi un non-sens de ne pas intégrer pleinement la Seine à un programme de ce type. Une tour telle que celle qui est présentée dans ce projet pourrait voir le jour n’importe où. Les spécificités de votre ville sont complètement ignorées. Nous avons ici l’impression d’une tour artificiellement érigée sur cette zone, alors qu’il aurait fallu prévoir un bâtiment clairement intégré à l’espace : une véritable rencontre, une osmose entre le fleuve et la ville. Ce projet tel qu’il est présenté va opposer la verticalité de cette tour, à l’horizontalité de la vallée de la Seine : ce sera un choc de deux dimensions opposées. » 

Dans ce contexte ce modèle de construction doit être écarté et le projet doit être réétudié.